Une décision discriminatoire

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Il y a 3 ans, la présidente socialiste du groupe PS au Conseil général, alors en campagne pour les élections législatives où j’étais son principal concurrent, avait demandé au parquet de Nanterre d’ouvrir une enquête concernant l’attribution d’un logement social à ma fille.

Elle lui reprochait notamment d’avoir obtenu ce logement au Plessis-Robinson par le bailleur Hauts-de-Seine Habitat en un temps record suite à la parution d’un article du journal Médiapart qui laissait penser que cet appartement aurait été attribué en deux jours, ce qui s’est avéré être bien évidemment une grossière erreur.

Lors du passage de son dossier à la commission d’attribution des logements sociaux (à laquelle je ne siégeais pas), tous les membres, y compris une conseillère régionale du Parti socialiste, avaient voté favorablement, et donc à l’unanimité, pour cette attribution, tout simplement parce que le dossier de ma fille répondait à l’ensemble des critères requis, notamment d’ancienneté ou de revenus.

À l’issue d’une enquête où aucune investigation n’a été effectuée, ni d’ailleurs aucune mise en examen demandée, une audience a eu lieu au Tribunal de Nanterre où j’ai pu apporter au juge l’ensemble des éléments qui démontraient que cette affaire n’était qu’une vaste fumisterie politique et qu’en aucune manière, ma fille n’avait été avantagée dans son parcours de demandeur de logement.

Comme tout le monde, elle a fait la queue. Je considère que si elle n’a pas plus de droits qu’un autre citoyen parce qu’elle est la fille du maire, elle n’a pas moins de droits non plus.

Je rappelle aussi qu’un maire, ce n’est pas un patron d’une entreprise du Cac40, comme certains veulent le laisser croire. Pour ma part, je ne suis pas un héritier. Je suis fils d’ouvriers et j’ai grandi dans du logement social. Ayant sept enfants à la maison, je ne vois pas au nom de quoi il serait déplacé que ma fille, après plus de trois ans d’attente, puisse quitter le cocon familial pour s’installer avec son conjoint dans un logement pour lequel ils remplissent tous les critères demandés.

Malgré ces explications, il semble que tout était joué à l’avance. La décision rendue aujourd’hui, à savoir ma condamnation en première instance, pour laquelle j’ai immédiatement fait appel, est une décision incompréhensible qui institue une véritable discrimination.

Je me battrai, jusque devant la cour européenne des Droits de l’Homme s’il le faut, pour faire reconnaître mes droits et ceux de ma fille.

Merci pour votre soutien.

Philippe Pemezec

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