Un budget de rigueur exceptionnel

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Chers amis,

Cette soirée du jeudi 9 avril était importante pour notre commune : nous avons voté notre budget pour 2015. Bien qu’il s agisse d’un exercice régulier, que nous effectuons chaque année, cette session revêtait un caractère tout particulier et même exceptionnel.

Exceptionnel à cause de son contexte : vous le savez, car je vous l’ai écrit à plusieurs reprises et vous avez certainement du l’entendre dans les médias : les collectivités locales (villes, départements et régions), tout particulièrement les communes, ont découvert avec stupéfaction au lendemain des élections municipales emportées largement par la droite et le centre que le gouvernement socialiste allait réduire de manière inédite la DGF, leurs dotations versées annuellement pour compenser les compétences qui leur sont déléguées. Dès lors, de nombreux maires se retrouvaient pris au dépourvu : comment allaient-ils tenir les promesses prises face à leurs habitants lors de la campagne des municipales ? Comment mettre en œuvre les projets sur lesquels ils s’étaient engagés ? Petit à petit, les élus locaux de toutes tendances politiques ont pris conscience de l’ampleur des dégâts. Aujourd’hui, nous commençons à nous organiser pour défendre nos communes autour d’un collectif « J’aime ma commune, maires en colère ».

Je précise la parade malhonnête de l’Etat : il laisse croire que la dette publique de la France est le fruit des gaspillages des collectivités locales. C’est faux. Sur les 2000 milliards de dette publique, la part des collectivités territoriales représente 8,9%. Il faut aussi savoir que les mêmes collectivités financent plus de 70% des investissements publics en France, dont seulement 10% par la dette.

Exceptionnel, car vous le savez peut être, depuis deux ans, notre commune affiche une perte sèche de plus de 3 millions d’euros en raison des décisions inconséquentes prises par les socialistes : nos dotations versées par l’État ont baissé au total de plus d’1,3 millions d euros, les salaires des fonctionnaires ont été revalorisés tout comme les cotisations sociales pour les retraites, l’augmentation de la TVA nous touche, nous avons perdu 150 000 euros de subventions pour la réussite éducative, et bien sur, nous avons du mettre en œuvre la coûteuse réforme des rythmes scolaires…

Malgré ces difficultés, nous avions fait le choix, l’année dernière encore, comme depuis les 5 dernières années, de ne pas augmenter nos impôts, préférant poursuivre les efforts d’économies en interne avant d’actionner en dernier recours ce levier que nous détestons.

Ce budget sera exceptionnel donc, puisque face à l’inconséquence et l ampleur de ces décisions et de celles à venir, nous n’avons pas eu d’autre choix, après avoir mobiliser tout notre personnel au cours de l’année qui s est écoulée pour produire les économies les plus larges possibles, que celui d’augmenter les impôts de 7,42% afin de compenser nos pertes de recettes. Il s’agit là d’une hausse qu’on peut qualifier de « mécanique ».

Cette hausse, elle est nécessaire compte tenu des contraintes que j’évoquais.
Elle est nécessaire pour continuer à vous offrir le niveau de prestations qui fait le charme du Plessis-Robinson et auquel vous tenez (le fleurissement, le verdissement, la propreté, la sécurité …).
Elle est nécessaire pour maîtriser notre endettement.
Elle est nécessaire pour conserver la confiance de nos partenaires.

Exceptionnel enfin car en cette période si particulière, nos dépenses de fonctionnement, malgré les revalorisations que nous évoquions, n’augmentent que très légèrement, elles sont même en baisse si on les rapporte à notre nombre d’habitants (en euros constants). Je le redis, nous avons particulièrement associé notre personnel à la préparation de ce budget : sans eux, rien ne serait possible. L’année prochaine, vous, les Robinsonnais, nous vous associerons aussi aux choix qui devront immanquablement être faits.

Je rappelle enfin – car c’est un marqueur important de notre bonne santé financière – que notre capacité de désendettement se situe à un bon niveau : de 6 ans (sans le PPP) à 10 ans (avec le PPP).

Je terminerai par l’expression d’une conviction profonde dont je l’espère, vous vous ferez l’écho auprès de vos familles et de vos amis : les communes font un travail de proximité remarquable. Mettre en danger le fonctionnement de nos communes – qui sont les collectivités les mieux gérées de notre pays – comme le fait l’Etat parce qu il n’est pas capable de faire sur lui-même les économies nécessaires, j’estime qu’il s’agit là d’un acte irresponsable dont nous risquons tous, en premier lieu les habitants de nos villes, de payer un jour les conséquences.

À bientôt,

Philippe Pemezec

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