Rythmes scolaires : pour un report de la réforme

 

Panneau attention enfants

 

Alors que se déroulent actuellement les conseils d’écoles de notre ville et qu’une série de manifestations mobilise cette semaine les opposants à la réforme des rythmes scolaires, je tenais à vous faire part de mon avis. Cette question doit en effet être traitée en plaçant l’intérêt de l’enfant au centre de notre réflexion.

Quelques mois après l’application de cette réforme dans plusieurs villes de France, et notamment à Paris, l’état des lieux est sans appel : il est désormais prouvé et reconnu qu’elle ne va pas dans l’intérêt de nos enfants, tout en ayant un coût très important pour les collectivités territoriales.

Dès son lancement, la réforme était d’ailleurs déjà contestée. Elle n’avait fait l’objet d’aucune concertation avec les principaux concernés : parents d’élèves, enseignants, communes… Aujourd’hui, tous sont opposés à ces nouveaux rythmes scolaires que 80% des villes de France n’ont pas mis en œuvre à la rentrée 2013, comme la totalité des villes de Hauts-de-Seine.

Dans les villes qui ont décidé de mettre la réforme en application, la situation est désastreuse : les enfants sont fatigués, les activités périscolaires proposées sans intérêt, les parents mal informés… A tel point que le magazine Le Point titrait il y a quelques semaines « Réforme des rythmes scolaires : voyage en absurdie ». Même certains élus proches du gouvernement, comme François Rebsamen à Dijon ou Gérard Collomb à Lyon expriment publiquement leurs réserves.

Cette réforme est par ailleurs très couteuse : elle est évaluée à 150 euros par enfant, par le gouvernement, jusqu’à 350 euros pour certaines communes (voir même 450 euros par enfant pour Vélizy), difficile à chiffrer et compensée seulement la première année par l’Etat à hauteur de 50 euros par enfant. Le coût net pour notre commune représente donc entre 480 000 euros soit 2,3 points d’impôts environ (estimation basse) et 1 120 000 euros soit 5,33 points d’impôts environ.

Dans le même temps, notre Ville subit une baisse de la Dotation Générale de Fonctionnement versée par l’Etat (DGF) de 370 000 euros et devra contribuer au fonds de péréquation pour 2014 de 500 000 à 700 000 euros ! Sans compter que notre conseil municipal a voté une aide de 45 000 euros pour compenser le désengagement de l’Etat du dispositif de réussite éducative…

Aujourd’hui, parents, enseignants et syndicats sont mécontents et demandent l’abrogation de ce décret. Beaucoup d’entre eux se retrouvent dans les mouvements de grèves qui secouent ces jours-ci le pays. Je tiens justement à apporter mon soutien aux grévistes, notamment au Plessis-Robinson où une très grande majorité de nos animateurs en font partie.

Pour autant, la responsabilité nous oblige dans l’intérêt des familles à organiser un service minimum d’accueil dans les écoles de notre ville, tant pour les accueils périscolaires (matin, restauration et soir) que pour le temps scolaire. Aussi je vous confirme que, malgré la très forte mobilisation du personnel communal, l’accueil des enfants sera assuré aujourd’hui, soit au sein même de l’école, soit au centre de loisirs situé à proximité.

 

Quant à l’application de la réforme à la rentrée 2014 au Plessis-Robinson, nous sommes favorables à son report et nous souhaitons conserver les rythmes actuels dans les écoles. Je tiens d’ailleurs à souligner que de nombreuses villes font part de leur désapprobation face à cette réforme. 50 maires, constitués en collectif, ont récemment fait savoir qu’ils n’appliqueraient pas la réforme à la rentrée 2014.

Ce choix pour Le Plessis-Robinson, s’il est confirmé, va pleinement dans l’intérêt de l’enfant. En effet, la proposition, issue de la concertation que la Ville a menée, ne nous permet pas de penser que nos enfants bénéficieront de rythmes plus bénéfiques. Ce choix sera d’ailleurs sans doute rattrapé par les faits, le gouvernement ne pouvant pas rester indéfiniment sourd face à la contestation grandissante. Il est probable qu’après les élections municipales, un report de la réforme soit annoncé.

Toutefois, la responsabilité nous amène malgré tout à anticiper l’obligation d’appliquer la réforme pour offrir la solution la moins mauvaise possible pour les familles et les enfants. Dans ce cas, notre objectif serait donc :

  • d’avancer l’heure de rentrée scolaire à 8h30 : une économie pour les familles et un plus grand respect du rythme des enfants.
  • D’élargir la plage de restauration scolaire (un meilleur temps de restauration respectueux du rythme des enfants.
  • De mettre en place du temps scolaire le mercredi matin de 8h30 à 11h30 de manière à préserver  l’organisation familiale de la journée du mercredi et l’organisation des activités associatives et municipales du mercredi après-midi.
  • De concentrer des moyens financiers supplémentaires de la Commune sur la qualité des TAP (Temps d’Activités Périscolaires) proposés et non sur le coût d’un repas supplémentaire à la cantine.

En résumé :

  • Le temps de classe du matin serait allongé de 8h30 à 12h.
  • La pause méridienne serait allongée de 12h à 13h45.
  • Le temps de classe de l’après-midi serait réduit de 13h45 à 15h30.
  • Un temps d’accueil périscolaire serait proposé de 15h30 à 16h30 (ou études surveillées).
  • Un temps de classe aurait lieu le mercredi matin de 8h30 à 11h30.

 

Cette solution, je le rappelle, est le fruit d’une large consultation et concertation menées en continu depuis novembre 2012 auprès de l’ensemble des parents d’élèves par le biais d’un questionnaire et continuées grâce à plusieurs réunions de travail avec les associations de parents d’élèves, les directeurs d’école, les animateurs, les associations sportives… Elle correspond aux souhaits formulés par les familles en prenant en compte l’intérêt de l’enfant.

Un intérêt que je place par-dessus tout.

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