Non à l’amnistie syndicale!

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La commission des lois de l’Assemblée Nationale se penchait la semaine dernière sur la proposition de loi d’ « amnistie syndicale » présentée par l’extrême-gauche de Jean-Luc Mélenchon. Ce texte vise à effacer purement et simplement les délits pour des faits passibles de moins de 5 ans de prison, auxquels des salariés ont été condamnés depuis 2007 «à l’occasion de conflits de travail ou à l’occasion d’activités syndicales ou revendicatives». En somme, un texte qui « excuse » des syndicalistes responsables de dégradations et de violences dans le cadre de mouvements sociaux…

C’est une curieuse conception de la justice que celle du gouvernement. Il faudrait donc « apaiser » les syndicalistes violents ? Pardonner ceux qui saccagent une sous-préfecture sous prétexte de faire valoir leurs revendications ? Accepter que l’autorité de l’Etat soit impunément bafouée ? Tolérer qu’une poignée de syndicalistes détruise des outils de travail ? Finalement, transformer des casseurs en victimes… ?

Vous l’avez compris, je suis particulièrement scandalisé par ce projet dangereux que nous présente le Front de Gauche. Cette proposition de loi ne peut qu’engendrer un sentiment d’impunité inacceptable qui va fragiliser le dialogue social en donnant une véritable prime aux casseurs. Sur quelle base pourront en effet se construire les accords si les syndicalistes peuvent à tout moment commettre des actions violentes en toute impunité ? Le travail de la police sera aussi rendu plus difficile face à des syndicalistes intouchables.

De plus, quel est ce message que nous lance la gauche ? Un jour, la police place en garde à vue des dizaines de jeunes gens qui manifestent pacifiquement contre le mariage gay face à l’Assemblée Nationale ; le lendemain, cette même Assemblée discute d’une amnistie pour les casseurs. Mais évidemment, ces jeunes gens ne sont pas des électeurs traditionnels de la gauche…

A vouloir faire de l’électoralisme de bas étages, la gauche s’est pris les pieds dans le tapis et c’est une nouvelle fois la cacophonie qui règne dans la majorité. Il y a quelques jours encore, plusieurs ministres défendaient ce texte : Christiane Taubira y voyait une « œuvre de justice », Benoit Hamon « un message de paix et de dialogue »… Hier, le gouvernement a fait marche arrière ! Je m’en félicite évidemment, mais je continue à déplorer l’absence totale d’autorité et de vision dans la politique de Monsieur Hollande.

Enfin, pour ajouter à cette cacophonie, on pouvait lire dans le Parisien du 24 avril que Monsieur Germain, député de la 12e circonscription des Hauts-de-Seine, pourtant fervent partisan du gouvernement, apportait son soutien à la proposition de loi communiste. « La place des syndicats est auprès des salariés et non pas dans les tribunaux », plaide-t-il. La place des syndicats est-elle aussi dans la violence ? Quelle position irresponsable et injuste !

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