La démocratie locale est attaquée : unissons-nous

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Chers Amis,

Au lendemain de la défaite historique du PS aux municipales, le gouvernement a pris la décision de baisser ses dotations aux communes qu’il lui verse pourtant en compensation de compétences qui leur sont déléguées. Vous me connaissez, je ne peux pas rester les bras croisés à regarder le bateau faire naufrage sans me battre. Avec d’autres maires de toutes tendances politiques, nous allons cet après-midi manifester notre désapprobation lors du discours du Premier Ministre au congrès des maires de France.

Voici le courrier que j’ai adressé à mes collègues afin que nous soyons unis pour faire part de notre sentiment:

Monsieur le Maire,

Lorsque la démocratie locale est attaquée, lorsqu’est en jeu la survie même de nos communes, les élus locaux ont le devoir de sortir de leur silence.

Comme chacun de nos collègues candidats aux dernières élections municipales, nous nous sommes engagés auprès de nos habitants sur la réalisation de projets.

Comme tous ces candidats, nous avons, en toute responsabilité, tenu compte d’un budget déjà contraint en cette période de crise, inquiets suite à une première baisse de la DGF, et méfiants face à la mise en place de la Métropole du Grand Paris, menaçant déjà notre autonomie financière.

Comme tous les Maires nouvellement élus, nous avons pris acte, au lendemain des municipales, de la décision du gouvernement de baisser la DGF de 11 milliards d’euros (29 milliards d’euros en cumulé sur trois ans) aux collectivités et de son refus, malgré les multiples sollicitations, de revenir sur cette décision.

Ainsi, nous nous retrouvons confrontés à une situation inédite et imprévue où nous allons devoir expliquer à nos administrés pourquoi nous ne réaliserons pas certains de nos projets, et parfois, dans quelles mesures nous allons augmenter les impôts locaux, et très probablement, revoir les tarifs ou supprimer certaines prestations ou activités.

Cette décision unilatérale de l’Etat remet en cause la parole publique et peut être un motif de rupture de la confiance entre les Français et les maires, véritables élus de proximité, seuls responsables politiques de ce pays encore appréciés.

L’Etat laisse croire que la dette publique de la France est le fruit des gaspillages des collectivités locales. Que les choses soient claires : si elles représentent 20 % de la dépense publique, nos collectivités ne sont responsables que de 8,9 % de la dette française ! Surtout, elles financent plus de 70% des investissements publics en France, dont seulement 10% par la dette. Avant de stigmatiser les communes dont elle réduit chaque année les dotations et rajoute sans cesse des missions – dont la dernière en date est celle de la mise en place des nouveaux rythmes scolaires – le gouvernement aurait fort à gagner à s’appliquer la rigueur budgétaire en réduisant son train de vie.

Ne devons-nous pas élever la voix face au risque de voir plonger certaines de nos communes dans une situation inextricable ? Afin de de permettre aux Français de comprendre que les libertés locales et la survie de leurs communes sont en jeu et au gouvernement de prendre conscience du caractère irresponsable de cette baisse violente de la DGF, unissons-nous pour manifester ostensiblement notre désapprobation demain à 15h, lors du discours du Premier Ministre au congrès de l’AMF.

Ayons bien conscience que si nous ne faisons rien, nous laisserons passivement assassiner nos communes.

Certains de votre réaction, je vous prie de croire, Monsieur le Maire, à l’assurance de nos sentiments les meilleurs.

Philippe Pemezec

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