Congrès des Maires : « comment simplifier et relancer la construction de logements ? »

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Chers amis,

Dans le cadre du congrès annuel de l’association des maires de France, j’ai participé hier matin à une table ronde intitulée « Logement : comment simplifier et relancer la construction ? » en compagnie d’élus, de professionnels du secteur et de la ministre du logement. Une rencontre intéressante, où j’ai souhaité faire part de mon expérience de maire bâtisseur, tout en pointant les discours schizophréniques du gouvernement en la matière.

A commencer par celui sur la baisse de nos dotations. Quel paradoxe de nous demander de construire des logements, alors que dans le même temps, le projet de loi de finances 2015 prévoit une ponction sans précédent sur la dotation globale de fonctionnement que verse l’Etat aux collectivités en compensation des compétences qui leur sont déléguées ! Comment financerons-nous les équipements demandés par ces nouveaux habitants ? Comment assurerons-nous les services qu’ils attendront légitimement ? Nous marchons sur la tête !

Après ce préalable, j’ai rappelé l’objectif de construction du gouvernement qui était au début du quinquennat de François Hollande de 500 000 logements par an. Nous arrivons aujourd’hui péniblement à 200 000… En cause, l’instabilité législative et fiscale chronique alimentée par le gouvernement. Comment voulez-vous que les promoteurs investissent alors qu’ils ne savent pas quelles normes et taxes leurs seront imposés demain ? Comment les plus modestes, les jeunes familles, et tous ceux pour qui se loger est devenu un parcours du combattant trouveront-ils demain des logements pour s’installer si on empêche leur construction ?

De même, j’ai insisté sur l’impérative simplification à laquelle nous devons soumettre les règles d’urbanisme. Tous les maires de France vous le diront : les normes de construction et d’urbanisme sont devenues les freins les plus puissants à la relance du secteur. Alors qu’il y a moins de dix ans, nous menions des projets en quelques mois seulement, il nous faut désormais compter plusieurs années, sans garantie qu’ils aboutissent réellement. Aujourd’hui, l’Etat n’est plus un facilitateur mais une source de complexité. Il est urgent de simplifier ces procédures et ces exigences pour enfin relancer la construction et permettre à chacun de se loger à des prix acceptables.

Car c’est précisément là que réside l’enjeu de la relance de ce secteur: tous les spécialistes s’accordent pour dire que construire des logements permettra de faire baisser les prix du marché, aujourd’hui excessifs en raison d’une demande trop forte et d’une offre qui n’y répond pas suffisamment.

Ce constat établi, je suis revenu sur ce qui a fait la réussite de notre modèle urbanistique et architectural au Plessis-Robinson. En partant d’une cité-dortoir délabrée, nous avons eu pour objectif de redonner du sens à cette ville qui en manquait tant. Et pour cela, nous avons commencé par détruire ce qui devait l’être, pour gommer ces quartiers où les gens n’étaient pas heureux. Puis nous avons reconstruit avec quelques principes simples et efficaces : mixité – spatiale et sociale –, densité intelligente et raisonnée, accession sociale à la propriété, et une architecture douce qui fait aujourd’hui la fierté des Robinsonnais ! Cette architecture, j’ai voulu qu’elle soit la même pour tous les logements, sociaux comme privés, sans discrimination par l’habitat.

Ces principes sont une spécificité robinsonnaise, mais n’ont pas vocation à l’être ! Partout en Île-de-France et dans les grandes zones urbaines de notre pays, ils pourraient être appliqués, pour développer ce bonheur de ville auquel chacun a droit.

A très vite,

Philippe Pemezec

NB: Le site internet du Moniteur parle de notre table ronde et de mon intervention. Cliquez ici. 

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