Ma semaine politique du 23 au 29 juillet

Loi ELAN : symptomatique du système parlementaire

Au terme de cette longue discussion sur le projet de loi ELAN, je suis assez partagé sur l’efficacité de notre système parlementaire dans l’élaboration de la réforme.
Tout le monde est globalement pour réformer un système qui ne permet pas de produire assez de logements en France (et notamment dans les zones tendues), qui décourage de nombreux maires par sa complexité et les risques liés à la construction, qui étouffe les bailleurs sociaux dans une toile d’araignée réglementaire.
Et malgré cette bonne base de départ assez largement partagée, on n’aboutira, après des centaines d’heures d’auditions, de commissions, de discussions, à un texte minimaliste qui est à peu de choses près celui rédigé par les fonctionnaires des ministères concernés.

Finalement, à quoi servons-nous ?

A poser le débat certes, mais encore faudrait-il que les médias le relayent, mais il faut bien reconnaître qu’ils préfèrent mettre le projecteur sur les turpitudes (si elles sont avérées) de M.Benalla que sur la modification de l’article 2 alinéa 3 de la loi SRU.

A la marge, nous arrivons à changer un mot, un taux, une ligne dans une nouvelle réglementation et parfois, le gouvernement nous concède un amendement qui nous permet de sortir la tête haute avec le sentiment du devoir accompli.

Je sais que c’est le jeu parlementaire, nous sommes dans une démocratie semi-présidentielle dans laquelle l’instauration du quinquennat a permis d’assurer à l’exécutif une majorité parlementaire aux ordres. C’est parfois frustrant, mais ce n’est pas une raison pour baisser les bras : face à la toute-puissance présidentielle et à l’inertie de l’Assemblée nationale, le Sénat doit être plus que jamais vigilant sur la protection des libertés et l’équilibre démocratique.

Mon coup de cœur : notre collègue Philippe Bas

Au-delà des attaches manchoises qui nous rapprochent, je veux saluer Philippe Bas, président de la commission des lois du Sénat, pour le travail remarquable qu’il effectue au sein de l’institution et la façon dont il conduit avec finesse (et non sans humour) les auditions de la commission d’enquête sur l’affaire Benalla. Un modèle à suivre pour certain(e)s à l’Assemblée nationale…

Photo semaine politique 31 juillet

Mon coup de gueule : une offense à la gendarmerie

La simple idée que M.Benalla puisse être nommé à 26 ans lieutenant-colonel dans la réserve de la gendarmerie est une insulte aux hommes et aux femmes qui font un travail admirable au quotidien au service des Français. Lieutenant-colonel, c’était aussi le grade d’Arnaud Beltrame, mort en héros le 24 mars dernier.

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