Ma semaine politique du 16 au 22 juillet

Affaire Benalla : pratiques d’un ancien temps

 

 

Pendant que nous travaillons au Sénat à tenter d’améliorer la loi ELAN (je vous en reparlerai à la fin des débats), les médias ne parlent que d’une chose : l’affaire Benalla qui devient le feuilleton de l’été. Loin de moi l’idée d’hurler avec les loups, mais je ne résiste pas au plaisir, malgré les temps qui changent et les déclarations, main sur le cœur, d’un candidat Macron sur la naissance d’un nouveau monde, de constater comme vous que l’Elysée et les allées du pouvoir restent un terrain de jeu favori pour les barbouzes et les profiteurs du système.

La commission d’enquête parlementaire a commencé son travail (ce qui a permis au ministre de l’intérieur Gérard Collomb de se désolidariser courageusement de l’Elysée) et on en saura peut-être plus dans les jours qui viennent sur les dessous de cette rocambolesque affaire.
Ce qui est certain, c’est qu’un individu, dont le seul titre de gloire est d’avoir assuré la sécurité d’un candidat aux élections, peut s’introduire dans le système d’état, profiter d’une rémunération élevée et de privilèges indéniables (logement quai Branly), utiliser tous les moyens de la force publique et donner des ordres aux plus hauts responsables de la police et de l’armée. Et cela dans une telle impunité qu’il peut se permettre pour se défouler d’aller « casser du manifestant » à visage découvert.

Alors je me pose une double question :
– Soit ce monsieur savait des choses d’une telle importance sur la présidence que la République qu’il en était devenu intouchable,
– Soit l’organisation du pouvoir au plus haut niveau de l’Etat est si fragile qu’un individu peut s’arroger des pouvoirs exhorbitants sans aucun contrôle hiérarchique.

Dans les deux cas, c’est très inquiétant pour notre démocratie et son évolution, car nous sommes loin du nouveau monde érigé en modèle par le président de la République, mais de retour en un temps qui ressemble furieusement aux années Mitterrand, avec son lot de barbouzeries, de personnages douteux, de secrets d’état plus ou moins bien gardés.
A suivre, sans aucun doute…

Mon coup de cœur : le « syndrome Incitatus ».

Je ne résiste pas au plaisir de citer cette excellente formule d’Anne Rosencher, directrice déléguée de la rédaction de L’Express, sur l’Affaire :

« Un mécanisme que l’on pourrait nommer « syndrome Incitatus », du nom du cheval préféré de l’empereur romain Caligula, que ce dernier avait un temps voulu nommer consul. Bien sûr, Emmanuel Macron n’est pas Caligula, ni Alexandre Benalla aussi éloigné des questions de sécurité qu’un canasson du Sénat… Mais les rouages de la suprématie du bon vouloir sur la règle et la compétence sont bel et bien les mêmes. »

Mon coup de gueule : pas de plafond pour la loi SRU

Si le Gouvernement va peut-être lâcher sur l’assouplissement du plancher des 25% de logements sociaux de la loi SRU, il n’a pas voulu en démordre sur ma proposition de fixer un plafond de 50% au-dessus duquel les communes devraient être incitées fortement à faire de la mixité sociale. On n’est pas prêts de voir disparaître les ghettos urbains qui sont la honte de notre pays.

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